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Livre : « Louise, loin du pays »

Article de Candice

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Avis mitigé pour ce long roman, fresque d’une famille aussi bien que d’une époque. J’ai déniché le pavé aux faux airs de Larousse sur l’étagère abandonnée d’une bibliothèque de vacances. Le résumé avait l’air sympathique et un peu bourru des romans dont on n’attend pas beaucoup, de ces histoires qui passent le temps sans qu’on s’en rende compte. Et je ne m’y suis pas trompée : le livre est de ceux qu’on aime retrouver, mais dont on interrompt la lecture sans trop de regrets.

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Titre : Louise, loin du pays

Auteur : Isabelle Jailler

Date de parution : 2012

Prix Kindle : N/A

Prix papier : actuellement introuvable

Le récit est centré autour de Louise, une jeune paysanne savoyarde placée comme bonne à Lyon en 1919. Pourquoi a-t-elle été choisie comme plaque tournante du récit ? La question reste sans réponse. Louise est une brave fille, maligne et honnête, raisonnable sans être trop sérieuse. De son propre aveu, elle est la moins intéressante de sa fratrie de quatre enfants. Sa vie qui s’écoule lentement est celle d’une jeune fille de son époque, avec les préoccupations et les péripéties qui vont avec.

L’humeur changeante de sa patronne, le célibat prolongé de sa sœur, la fin de vie de son aïeule, l’intérêt que lui porte le fils de la maison sont autant d’interrogations qui forment le sel de son existence.

Les sentiments des personnages, leurs motivations profondes, les ambitions qui les travaillent sont laissés à l’imagination du lecteur ; à la place, on lui sert des dialogues interminables sur la viticulture en Rhône-Alpes, des descriptions bien longues de l’arrière-pays lyonnais, le détail fastidieux d’une journée au parc insipide.

Le récit reste plein de bons sentiments, et c’est ce qu’on peut lui reprocher : les employeurs grands bourgeois de Louise traitent leur petite bonne avec des égards qui n’étaient sûrement pas monnaie courante à l’époque. Les fils de la maison qui la rencontrent à la cuisine épluchant des patates lui donnent du mademoiselle à la première occasion venue.

On ne verse que quelques larmes à la mort des parents, on qualifie de « grosse bêtise » l’agression innommable commise par le frère aîné.

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Tout ce qui fait défaut à Louise, loin du pays (le roman ne méritait d’ailleurs pas un tel titre) est cependant justifié par son écriture. Isabelle Jailler fait preuve d’une très grande justesse, tant dans son style et son vocabulaire, reprenant les expressions de l’époque et les quelques mots de patois qui donnent toute son authenticité au récit. On comprend alors pourquoi les sentiments de l’époque ne sont pas exaltés comme on s’y attendrait aujourd’hui. On tait ses joies comme ses désespoirs, on se tient et on se maintient en toute circonstance ; ce qui compte, c’est de vivre. Comme si, après 14-18, la vie n’était plus devenue qu’un songe recouvert d’un épais brouillard, où on ne pouvait se laisser aller à des émois inadéquats.

On peut reprocher à Isabelle Jailler d’avoir manqué d’ambition, on peut aussi la remercier d’avoir ouvert une fenêtre sur un monde d’antan sans l’avoir déformé. Une chose est sûre, les deux options étaient irréconciliables.

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