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Livre : « Une vie entre deux océans »

Article de Candice

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C’est après avoir vu la bande-annonce de l’adaptation cinématographique à venir que j’ai voulu lire Une vie entre deux océans. L’Australie des années 1920, je n’y connaissais rien ; ça m’a intriguée. Comment ça, pas la Rome Antique, pas la France du XVIème, pas l’Allemagne pendant la guerre ?

Enfin un livre qui n’aurait pas un petit goût de réchauffé. Certes, le titre était mielleux à souhait, grâce au travail comme toujours remarquable des éditeurs français, mais qu’importe, ai-je décidé en m’emparant du pavé.

Bien m’en a pris.

avis une vie entre deux oceans

Titre : Une vie entre deux océans (The Light between Oceans en VO, tout de suite plus classe)

Auteur : M. L. Stedman

Date de parution : 2012

Prix Kindle : 7,99 €

Prix papier : 7,90 € (oui oui, moins cher que le Kindle !)

Résumé : Une vie entre deux océans

Tom Sherbourne est sain et sauf. Propulsé de son Australie natale aux plaines ensanglantées du nord de la France, il se sent coupable d’avoir réchappé de l’enfer dans lequel tant d’autres ont péri pendant la Grande Guerre.

Revenu en Australie, sur Janus Rock où il est gardien de phare, la solitude qui le ronge est pour lui le prix de sa chance. Lorsqu’il rencontre Isabel, la fille de l’instituteur sur le « continent », lorsqu’elle s’intéresse à lui, lorsqu’elle accepte de l’épouser, son bonheur est complet. Ensemble, ils vivent heureux sur l’îlot de Janus où ils sont seuls maîtres à bord. Mais leur euphorie est vite entachée par les fausses couches successives d’Isabel, qui rêve depuis toujours de devenir maman.

Jusqu’à ce qu’un cadeau leur tombe du ciel, sous la forme d’une barque brinquebalée par la tempête qui s’échoue à leur pied, avec à son bord un nourrisson braillard et son père trépassé. Ni une ni deux, Isabel convainc son mari chéri de ne pas reporter l’incident, de garder le bébé et de le faire passer pour sien. Une décision qui marquera leurs vies à jamais.

Mon avis

C’est d’abord l’histoire d’un cas de conscience. Alors qu’Isabel se dévoue corps et âme au nourrisson qui lui a par magie atterri dans les bras, Tom est pétri d’hésitations. Des interrogations persistantes qui le conduiront à commettre l’irréparable après des années de tourments.

En toile de fond, la Première Guerre mondiale s’impose petit à petit comme la cause indirecte des malheurs du couple. C’est d’abord elle qui a amené le bambin sur les rivages de Janus Island : quelques bonheurs, puis un si grand malheur. Tom nourrit aussi une culpabilité profonde de s’en être sorti et d’avoir laissé sur les champs de bataille européens tant de ses compagnons d’infortune. Il vit la stérilité de sa femme comme un juste retour des choses, comme le prix à payer pour sa survie, a posteriori. Alors, quand Lucy entre dans sa vie, elle est comme une anomalie. Mais il l’accepte, il l’aime même et la chérit, par amour pour sa femme et parce qu’il ne peut faire autrement.

La psychologie des personnages, et celle de Tom au premier chef, est développée avec une finesse incroyable. La descente aux enfers de ce couple qui avait tout pour être heureux est narrée avec une grande intelligence. Que fallait-il faire ? Comment réagir ? Où était le bien, y avait-il un mal ? Autant de questions auxquelles M. L. Stedman nous livre des réponses partielles, sans jugement aucun, mais avec un grand discernement.

On est pris par l’histoire, on frissonne jusqu’au bout, on frémit d’impatience dans l’attente d’un dénouement qui tarde. Et alors que l’histoire de ces braves gens sort de l’ordinaire, on ne peut s’empêcher de s’identifier à eux, de les comprendre, de partager leurs souffrances.

Ce roman est aussi une ode à la nature australienne. La vie de reclus que mènent Tom, Isabel et Lucy sur l’île de Janus fait découvrir un petit coin de bout du monde balayé par les vents, et parfois, les tempêtes. La société éclectique de Pointe Partageuse, la ville qu’ils ne retrouvent que tous les trois ans (!) et les mentalités des Australiens qui y vivent sont justement dépeints.

La lumière entre les océans. Quelle est-elle, cette lumière vacillante qui hésite entre deux mers et entre deux mères ?
Que choisir ? Car il faut faire un choix. Et c’est finalement cela dont parle le roman : d’une série de choix à faire, des choix difficiles, des choix déterminants qui, comme le phare, hésitent entre deux océans.

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3 réflexions au sujet de « Livre : « Une vie entre deux océans » »

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