Livre : « Le sel de nos larmes » (« Salt to the sea »)

Article de Camille

J’attendais avec impatience de lire Le sel de nos larmes, m’apprêtant à adorer ce livre de Ruta Sepetys sur la Seconde Guerre Mondiale, et autant vous dire dès maintenant que je n’ai pas été déçue une seule seconde.

Le sel de nos larmes.jpg

Blog VH - couverture sel larmesTitre : Le sel de nos larmes (Salt to the sea en VO)
Auteur : Ruta Sepetys
Date de parution : 2016
Prix Kindle : 12 € (fr) / 5 € (VO)
Prix papier : 16,5 € (fr) / 5,3 € (VO)
=> raison de plus pour le lire en anglais !!
Résumé : Hiver 1945.
Quatre adolescents.
Quatre destinées.
Chacun né dans un pays différent.
Chacun traqué et hanté par sa propre guerre. Parmi les milliers de réfugiés fuyant à pied vers la côte de la mer Baltique devant l’avancée des troupes soviétiques, quatre adolescents sont réunis par le destin pour affronter le froid, la faim, la peur, les bombes… Tous partagent un même but : embarquer sur le Wilhelm Gustloff, un énorme navire promesse de liberté…
Ruta Sepetys révèle la plus grande tragédie de l’histoire maritime, qui a fait six fois plus de victimes que le Titanic. Cette catastrophe méconnue lui inspire une vibrante histoire d’amour, de courage et d’amitié.

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Mon avis

J’ai lu tous les livres de Ruta Sepetys parus à ce jour. Big easy (ou Out of the Easy) ne m’avait absolument pas emballée, tandis que j’avais adoré Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre (ou Between shades of gray), que j’avais lu en français. Mais dès que j’ai débuté Le sel de nos larmes – en anglais, avec quelques phrases en VO allemand et polonais, ce que j’ai beaucoup apprécié – j’ai tout de suite retrouvé l’auteure dans ce livre !

Dès la première page, j’ai été entraînée dans ce récit à quatre voix. Quatre personnages racontent l’histoire de leur point de vue, nous faisant parfois revivre le même récit de différentes manières. Avant de vous parler un peu plus longuement des personnages, je voudrais d’abord vous parler de cette narration à plusieurs voix. Habituellement, je n’en suis pas fan, j’ai du mal à sauter d’un personnage à un autre, surtout s’ils sont dans des situations très différentes ou si au contraire leurs histoires et caractères sont semblables. Là, l’équilibre était parfait, les quatre personnages sont d’âges, nationalités, caractères, occupations, distincts mais se retrouvent rapidement ensemble, on suit donc le récit en alternant entre différents points de vue, de la même manière que dans un film où plusieurs plans sont tournés par plusieurs caméras, ce qui se fait tout naturellement. Ici, c’est pareil. Ça nous permet de rentrer dans la vie, les souvenirs de chaque personnage, mais sans qu’on les confonde, aussi parce que leur nom est clairement indiqué en début de chaque chapitre, tous assez courts, qui s’enchaînent bien.

Je passe comme promis aux personnages, auxquels j’ai bien accroché dans l’ensemble.

Blog VH - couv broché salt to seaMême si la narration était à quatre voix, j’avais l’impression que Joana était en particulier l’héroïne. Jeune fille de 21 ans d’origine lituanienne, c’est une infirmière dévouée très altruiste, déterminée et courageuse. Florian, un jeune homme prussien, partage ces mêmes qualités et est investi d’une mission secrète. Il y a aussi Emilia, une jeune polonaise de 15 ans, encore une enfant mais qui a déjà vécu les trop nombreuses horreurs de la guerre… Et puis enfin, il y a Alfred, un jeune marin nazi. Je n’avais honnêtement jamais rencontré dans un livre un tel personnage, on ne sait ce qu’on doit penser au début, mais on découvre vite que chaque esprit a sa propre vérité qui n’est pas forcément celle qui est objective… Je ne veux pas en raconter plus à ceux qui n’ont pas lu, ça gâcherait un peu votre vision du personnage avant même d’avoir commencé. Pour ceux qui connaissent, voilà mon avis (les autres, vous pouvez passer au paragraphe suivant ou continuer votre lecture, au choix !) : il est dur de détester Alfred, au début parce qu’il paraît si charmant, et puis après parce que la pitié prend progressivement le dessus. Une part de mystère l’entoure, mais petit à petit, on comprend sa véritable nature, machiavélique et pourtant, d’une manière, sincère. Je crois n’avoir jamais lu de roman dont le héros était un homme détestable – c’est sûr que ça rebute – mais ce n’est pas si désagréable que ce à quoi on pourrait s’attendre. C’est un personnage que je n’ai bien sûr pas beaucoup aimé suivre, je préférais quand l’histoire était racontée par Joana, Florian et Emilia. Mais ça permet de voir ce que pensait un nazi, sorte de psychopathe, c’est intéressant pour étudier sa psychologie. Et puis ça m’a surprise, je pensais trouver un beau, jeune, fier nazi qui se rendrait compte de son erreur et aiderait des jeunes d’autres nationalités à s’évader grâce à son humanité… J’étais à la fois proche et très loin du compte.
Et les personnages secondaires sont aussi magnifiques.

« We the survivors are not the true witnesses. The true witnesses, those in possession of the unspeakable truth, are the drowned, the dead, the disappeared. »

– Primo Levi, passage cité dans Salt to the sea

D’ailleurs, ce que j’ai un peu regretté avec les personnages, c’est que la narration alternée a empêché d’étudier les personnages en profondeur, même si je les adorais, en fermant le livre, je me suis dit que je ne les connaissais pas assez, et surtout que je n’avais pas passé assez de temps avec eux. J’aurais voulu pouvoir apprécier l’histoire pendant encore quelques semaines, mois, centaines de pages. Et j’ai pris quelques minutes à refermer le puzzle de l’épilogue, je n’avais d’abord pas compris que c’en était un – d’épilogue –, et puis l’imagination doit combler les trous. Comme dans Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre, l’épilogue nous laisse sur notre faim mais clôt correctement l’histoire.

« Our one light in the darkness. He was gone. […] But those who are gone are not necessarily lost. »

Salt to the sea, Ruta Sepetys

Quant à l’intrigue, j’ai beaucoup aimé. Il se passe à la fois beaucoup de choses et trop peu, je trouve, comme je vous l’ai dit. Je vous ai écrit cette chronique sur un paquebot – coïncidence –, la musique de Titanic dans le oreilles – sans blague –, pour encore mieux rester dans l’ambiance. Car oui, on retrouve des points communs entre le Titanic (en particulier avec le livre Les Enfants du Titanic) et le William Gustloff . Ça nous rappelle que tous les naufrages ne sont pas une réplique du Titanic, et aussi que ce dernier n’a pas été le plus meurtrier. Ruta Sepetys nous apprend encore une fois des détails inconnus mais importants de la Seconde Guerre Mondiale.

Blog VH - couv salt to the sea
Dernier point sur la couverture habituelle (donc pas celle brochée en anglais que vous voyez plus haut (plus rare)). La couverture principale en anglais et la seule en français est magnifique, très pure, esthétique, elle rappelle tout à fait l’esprit du livre – un peu sombre mais pas trop, avec la mer – très importante dans le roman -, et l’idée de solitude

Conclusion

Merci d’avoir lu mon article, j’espère vous avoir donné envie de lire ce livre ; vous devriez vraiment, immédiatement le lire si vous avez aimé Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre.

Et comme d’habitude, petit lien vers le site du livre.

 


 

Toute la fin de l’article est destinée à ceux qui ont lu ces deux livres historiques de Ruta Sepetys (ou regardé la page Goodreads où une des questions posées (Q&A) vous « spoile ») : il y a donc des spoilers dans tout le reste de mon article (mais pas sur la fin du roman) qui peuvent ou non vous déranger si vous n’avez pas lu les livres, dans le doute je ne voudrais rien vous gâcher et vous conseille d’arrêter votre lecture ici si vous ne voulez pas que je vous gâche la surprise !


 

« Ah mais oui !! Comment ai-je fait pour ne pas y penser plus tôt ! » a été ma réaction quand j’ai fait le lien entre les deux livres ! C’est quand je suis arrivée au quart du livre, quand Joana dit qu’on lui a offert un livre de Dickens en même temps que Lina que d’un coup, tous les détails me sont revenus en mémoire : Joana, infirmière, travailleuse, lituanienne, une cousine nommé Lina… C’était la cousine dont parlait Lina dans Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre, et d’autres détails viennent le confirmer : cousine qui adore dessiner, nom de famille, lettre qui a fait déporter Lina…. Les livres, complémentaires, se lisent pourtant très bien séparément. Mais c’est un plaisir de savoir ce qui est arrivé à la cousine de Lina, que j’ai au moins autant adoré qu’elle ! La surprise a été totale – j’ai été un peu longue à la détente, c’est vrai – mais j’espère que vous aurez découvert ce détail des deux cousines vous-même, si vous faites la même tête que moi en le découvrant ça vaudra tout à fait le coup ! ;)

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10 réflexions sur “Livre : « Le sel de nos larmes » (« Salt to the sea »)

  1. Oh mais tu m’apprends quelque chose, j’avais pas fait attention que les deux livres étaient liés ! Bon, il faut dire que j’ai lu « Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre » il y a plusieurs années ^^. En tout cas j’ai beaucoup aimé ce livre, même si je l’ai trouvé un peu longuet par moments.

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    • C’est vrai que le lien entre les deux livres est mince et pas évident, mais c’est toujours sympa les petits détails comme ça !
      Ah oui ? Moi je n’ai pas eu la même impression, à part peut-être quand Alfred parlait… Mais c’est vrai que la répétition des mêmes moments de différents points de vue et le début avec assez peu d’action peut paraître un peu longuet, après réflexion ;)
      Camille

      J'aime

  2. Je trouve que ca arrive souvent quand on a une narration alternée d’avoir le sentiment que chaque personnage n’est pas assez approfondi mais j’aime quand même bien ce genre de roman. En tout cas, je lis beaucoup de choses positives sur Le sel de nos larmes et je me laisserais bien tenter!

    J'aime

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