Livres

Livre : « Bluebird »

Article de Camille

J’ai reçu ce livre à Noël alors qu’il ne faisait pas partie de ma wish-list, je n’en avais jamais entendu parler. Il avait l’air assez « sérieux« , pas tout à fait le genre de fiction que je lis, alors je m’y suis mise un peu tard, en avril, mais je ne regrette pas de l’avoir découvert car je l’ai bien aimé.

Blog VH - BluebirdTitre : Bluebird
Auteur : Tristan Koëgel
Année de parution : 2015
Prix papier : 14,2 €
Résumé : Minnie est la fille d’un musicien qui chante le blues sur les routes du Mississippi. Elwyn est le fils d’un Irlandais, le contremaître d’une immense plantation. Quand ces deux-là se rencontrent, ils tombent amoureux. Mais dans l’Amérique des années 1940, en pleine ségrégation, qui oserait croire que leur histoire est possible ?

 

Mon avis

Ne vous fiez pas au résumé trompeur : ceci n’est pas une histoire d’amour, ou si c’en est une, c’est une histoire d’amour entre les personnages et la musique, le blues. Chaque personnage est différent mais tous sont liés entre eux, par là où le destin les as mené et là où la musique les entraîne.

Je pensais qu’on suivrait Minnie, une jeune femme qui se bat contre la ségrégation ; en fait, l’histoire ne raconte absolument pas ça. Elle nous raconte comment Minnie, une jeune fille de 13 ans et son père arrivent dans une plantation de coton dans les années 1940 pour y faire de la musique, ce qui paraît alors n’être qu’un de leurs habituels arrêts sur leur route, où ils jouent pour distraire les gens, c’est leur métier (on les appelle des songsters). Mais là-bas, le destin s’en mêle et leur fait découvrir d’autres personnes dont on découvre l’histoire, comme le petit Irlandais Elwyn et Nachoba l’Indien. Certains cachent bien leur jeu aux yeux des autres, et le fait que les chapitres soient racontés de différents points de vue nous permet de reconstituer toute l’histoire.

Cette manière de raconter l’histoire de différents points de vue n’est pas gênante car les chapitres sont longs et les histoires assez distinctes, donc pas de risque de confondre. En revanche – et c’est sûrement un effet voulu -, on ne se sent pas forcément très très proche des personnages, il y a toujours une distance entre eux et nous. Cependant, cela ne m’a pas empêchée de me sentir assez impliquée, au point de me mettre en colère (ce qui ne m’arrive jamais avec un livre !) contre le (très) méchant maître de la propriété de coton, Silas, une vraie brute sans cœur, raciste comme pas possible ! C’était dégoûtant ce qu’il faisait, c’est tellement triste et ça me met en rage de penser qu’on puisse traiter des personnes différemment – si différemment – juste pour leur couleur de peau !!! Il mérite bien son sort, l’infâme !

Malgré cet épisode, on ne voit pas beaucoup le racisme quotidien, à part quelques mentions de restaurants, trottoirs et wagons de trains qui séparent blancs et noirs. J’aurais pourtant aimé en savoir un peu plus, comme l’annonçait le résumé. D’ailleurs, l’histoire d’amour (enfin, je dirais plutôt amitié) entre Minnie et Elwyn n’est absolument pas marquée par un problème ou une séparation due à leur couleur de peau comme on aurait pu s’y attendre – non, eux n’en ont que faire, de même que leur entourage. En plus, ce ne sont « que » des gamins durant la majorité du livre.

J’ai néanmoins aimé découvrir l’époque de la ségrégation aux États-Unis que je connaissais très peu, et rencontrer des personnages différents – Lucille, Irina, Leroy, Kate -, même si on ne les découvre pas en détail, en profondeur.

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la place qu’a la musique dans ce roman, j’aime beaucoup qu’un livre soit centré sur un art ou une passion, et là, le blues teinte toute l’histoire. La musique rythme la vie des personnages comme des pages du roman, où l’auteur nous retranscrit d’ailleurs des paroles de chansons. Il y a même une playlist et son lien Internet pour que vous puissiez aller écouter du blues en même temps que vous lisez. Personnellement, je n’aime pas trop la musique, le blues n’est pas du tout mon genre, et je préfère ne pas avoir de distraction quand je lis, donc cette playlist ne m’a pas servi, mais j’apprécie que l’auteur/la maison d’édition aient fait ce petit geste, c’est génial, ça apporte un petit plus à la lecture.

 Conclusion

J’ai donc beaucoup apprécié cette lecture, plus que ce à quoi je m’attendais, même si l’histoire n’est pas celle que le résumé nous laisse nous imaginer. De la très jolie couverture, à son titre poétique et à sa musique, ce roman est une bonne découverte.

(Dans le même genre, je vous conseille la série Le Souffle des Marquises, où on suit  environ à l’époque de la Commune Éléonore depuis sa naissance, de la France au sud des États-Unis, qui ne vit que pour la musique, le jazz, et où la force de la musique et cette passion qui anime nos personnages est aussi forte que dans Bluebird.)

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2 réflexions au sujet de « Livre : « Bluebird » »

  1. C’est vrai qu’en lisant le résumé, on s’attend à découvrir une histoire d’amour entre les deux personnages. Mais finalement, vu ce que tu en dis dans ta chronique, c’est plus une histoire d’amour avec la musique. Je tenterai peut-être ce livre un jour :) afin de me faire mon propre avis.

    Aimé par 1 personne

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