Livres

Duologie livres : « The Book of Ivy »

Article de Camille

Entraînée par les critiques élogieuses lors de sa sortie, je m’étais empressée d’acheter The Book of Ivy il y a deux ans et je m’étais laissée emporter dans cette dystopie. Je l’ai ressortie de ma bibliothèque pour la relire (hum, ok, ce n’était pas la première relecture…) et j’en profite pour vous faire une chronique !

Blog VH - The Book of IvyTitres : The Book of Ivy (t.1) / The Revolution of Ivy (t.2) [fr et VO]
Auteur : Amy Engel
Année de parution : 2015 (t.1) / 2016 (t.2)
Prix papier : 15 € [fr] / 10 € [VO]
Prix Kindle : 10 € [fr] / 4,2 à 6 € [VO]
Résumé (t.1) : Au nom de quoi seriez-vous prêt à tuer ?
À la suite d’une guerre nucléaire dévastatrice, la population des États-Unis s’est retrouvée décimée. Un groupe de survivants a fini par se former, mais en son sein s’est jouée une lutte de pouvoir entre deux familles pour la présidence de la petite nation. Les Westfall ont perdu. Cinquante ans plus tard, les fils et les filles des adversaires d’autrefois sont contraints de s’épouser, chaque année, dans une cérémonie censée assurer l’unité du peuple. Cette année, mon tour est venu. Je m’appelle Ivy Westfall, et je n’ai qu’une seule et unique mission dans la vie : tuer le fils du président que je suis destinée à épouser. L’objectif, c’est la révolution, et le retour au pouvoir des miens. Peu importe qu’un cœur de chair et de sang batte dans sa poitrine, peu importe qu’un innocent soit sacrifié pour des raisons politiques. Peu importe qu’en apprenant à le connaître, je fasse une rencontre qui change ma vie. Mon destin est scellé depuis l’enfance. Bishop doit mourir. Et je serai celle qui le tuera.
Née pour trahir et faite pour tuer… Sera-t-elle à la hauteur ?

Mon avis

The Book of Ivy est un livre intéressant pour son côté politique et moral, mais ce pourquoi on le lit, c’est avant tout pour la romance, et elle est en effet réussie, occupant une place importante tout en laissant entrevoir d’autres sujets : la famille, le sacrifice, la loyauté…

Ivy est un personnage très intéressant. Si au début j’ai eu un peu de mal avec sa froideur et sa fidélité sans faille à sa famille peu appréciable, la véritable évolution de son caractère et sa découverte de la liberté de penser la mènent à être un personnage estimable à défaut d’être quelqu’un à qui on peut toujours s’identifier. Je ne vous parle même pas de Bishop, dont vous avez déjà dû entendre parler partout sur la blogosphère : c’est le personnage parfait, qu’on ne peut qu’adorer et dont on souhaite qu’il soit vivant. Quand je dis « parfait », ce n’est pas qu’il n’a que des qualités mais même ses défauts, on les aime. Et puis sa dévotion à Ivy est elle aussi sans faille.

Quand Bishop évoque à un moment Roméo & Juliette, on ne peut pas s’empêcher de les comparer à eux, ces « star-crossed lovers » de deux familles ennemies. Si leur histoire n’est (discutablement) pas aussi tragique, elle ne va pas sans heurts.

You’re easy to read Ivy, but the whole book of you is complicated.

J’ai bien aimé que la romance ne soit pas classique ni n’implique un triangle amoureux. Là, Ivy et Bishop sont forcés de se marier au tout début de l’histoire alors qu’ils ne sont que deux inconnus, et de cohabiter sans se connaître au départ, ce qui fait que leur amitié puis amour se développent différemment que quand les personnages se choisissent. La romance est très bien construite, progressive, jamais bousculée, jamais plate. En relisant le livre, comme je connaissais déjà plutôt bien les dialogues, j’aurais aimé en avoir encore plus à découvrir, je suis restée un petit peu sur ma faim, même si bien sûr, je m’y attendais (bien sûr que je le savais, je ne croyais pas que le livre se soit mystérieusement épaissi entre deux lectures !).

Often, when I am able to check out a book, I read it a dozen times before returning it, desperate to remain lost in the magic of someone else’s story.

Ce qui rend aussi l’histoire intéressante, c’est la tension permanente du côté d’Ivy liée à sa famille et ce que son père et sa sœur attendent d’elle – qu’elle tue son mari. Bishop est le fils du président Latimer, un homme qui ne paraît peut-être pas fondamentalement mauvais mais qui a choisi d’imposer son pouvoir sans laisser de choix à la population, obligeant par exemple les filles des perdants à épouser les fils des gagnants à 16 ans, en mai, chaque année, sans leur laisser aucune liberté sur ce point. Si bien sûr, on n’adhère pas à Latimer et son régime, on se demande néanmoins si le père d’Ivy serait un meilleur leader, car bien que partisan de la démocratie, il est prêt à tout pour retrouver le pouvoir, même au crime.

Ce livre, je l’ai trouvé intéressant dans le contexte politique actuel, avec la présidentielle et tout et tout. On se demande si le père d’Ivy avec ses idées de démocratie est le plus qualifié ou même s’il est meilleur que le président/dictateur Latimer, sachant que le père est personnellement une mauvaise personne je trouve. Est-ce que la vie publique et la vie privée doivent compter autant ? Est-ce que ce qui est le caractère d’une personne et sa vie doivent compter autant/plus/moins/pas du tout dans notre décision de voter ou non pour elle, même si elle a de meilleures idées politiques que les autres ?

Le côté politique fait réfléchir, bien qu’il soit peu creusé, ce que je regrette car il y aurait eu de la matière. En fait, on a l’impression que le gouvernement de Westfall est une excuse de fond, relativement peu développée, mais présente car indispensable à cette romance « interdite » – sans ce contexte, pas d’histoire, pas de romance. Par exemple, j’ai eu l’impression que la seule chose du gouvernement qui dérange profondément Ivy est les mariages forcés. Bien que je ne cautionne pas cela, évidemment, dans son monde, je ne trouve pas que ce soit justifié qu’elle en fasse tout un plat, sachant que ces mariages-là sont partiellement justifiés à cause du monde dans lequel ils vivent. En plus, pendant des siècles, dans bien des pays dans la vie réelle, les mariages forcés et arrangés étaient en vigueur – et le sont toujours à certains endroits (même dans certaines régions reculées d’Europe…).

Pour en revenir à nos personnages, Ivy est profondément fidèle à sa famille – un trait admirable -, mais irritant car on ne veut pour rien au monde que Bishop meure ! Alors qui devra-t-elle choisir ? Supense suspense !

How do you measure the life of one person against the greater good? Can it ever be the right thing to sacrifice an innocent person? And how do you know what the greater good really is?

On peut aussi voir ce dilemme dans un contexte plus large. On en revient en fait à Machiavel avec « la fin justifie les moyens« , peu importe comment on arrive au but tant qu’on y parvient. Quels sacrifices est-on prêt à faire ?

After everything, I still have full belief in my father’s ultimate goal. It’s his methods that are the stumbling block.

Attention, pour continuer dans la lancée sur la politique, je vais passer au tome 2, ce qui risque donc de vous spoiler une bonne partie de l’histoire. Donc vous savez quoi faire si vous ne l’avez pas lu… Zou !

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Dans le tome 2,  j’ai trouvé dommage que Bishop ne prenne pas le pouvoir. On amalgame parfois politique à corruption, gain personnel, etc, plus qu’au service de son peuple, et donc on comprend que le bon Bishop ne veuille pas prendre le pouvoir car la politique ne l’intéresse pas et il aurait peur de mal gouverner. Mais Platon (désolée de vous bassiner avec des philosophes, j’adore la philo…), Platon, disais-je, si on applique ici ces idées, estimerait justement, je crois, que Bishop est le plus apte à gouverner justement parce qu’il ne recherche pas le pouvoir et suit les règles.

À la fin du tome 2, c’est Victoria qui a repris le contrôle, mais on n’en sait pas plus, et je le regrette (j’aurais aimé savoir comment ça se passait, sachant que tout ne sera jamais tout parfait) mais je le comprends (on en sait peu sur le contexte politique de Wesfall donc pourquoi nous en parler en détail à la toute  fin – ça ne serait pas logique…)

Enfin, pour finir là cette longue chronique, donc je ne m’appesantirais pas sur le tome 2 (pourtant il y aurait eu des choses à dire, comme les disputes entre Bishop et Ivy qui sont intéressantes et donnent du relief à leur relation – tout n’est pas tout rose. Ok, je m’arrête là, sinon je vais continuer encore et encore.) Je voulais juste attirer votre attention sur les belles couvertures qui sont, pour une fois, plus réussies dans la version française que VO, à mon humble avis. Je vous laisse décider par vous même (les deux premières sont françaises, les autres en VO).

Conclusion

Voilà voilà, je vous laisse ici avec mes derniers mots de conclusion. La duologie The Book of Ivy est une belle série que je vous conseille dès 15 ans environ, elle est très intéressante car elle mêle l’amour et la vengeance, la politique et les épreuves de la vie, l’injustice et la loyauté. Je trouve qu’elle fait réfléchir, et vous la conseille donc !

Je vous laisse avec deux jolies citations d’Ivy :

« I want to be better than the lessons they taught me. I want my love to be greater than my hate, my mercy to be stronger than my vengeance. »

« I want to be someone strong and brave enough to make hard choices. But I want to be fair and loving enough to make the right ones. »

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5 réflexions au sujet de « Duologie livres : « The Book of Ivy » »

  1. Je n’ai pas encore tenté cette histoire. Elle était partout dans le blogosphère fut un temps, mais j’avais d’autres livres qui m’appelaient, du coup je ne me suis pas lancée. L’aspect politique de cet ouvrage pourrait m’intéresser s’il était un peu plus creusé… En ce moment, je ne suis pas certaine que ce livre répondrait à mes attentes. Je vais donc attendre le bon moment pour le lire ^^

    Aimé par 1 personne

    1. Je pensais que quasiment tout le monde l’avait lu, je vois que non ;)
      C’est vrai que l’engouement qu’il y avait sur ce livre est retombé, peut-être à cause du tome 2 qui était moins apprécié dans l’ensemble. L’aspect politique est intéressant, c’est vraiment dommage que ça reste superficiel. Je comprends que tu ne le lises pas pour l’instant, mais garde-le dans un coin de ta tête si un jour tu as envie de lire ce genre de livre ^^
      Camille

      Aimé par 1 personne

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