Livre : « La fille de Brooklyn »

Article de Camille

Ce livre m’attendait depuis des mois sur ma table de chevet, ma mère me répétant incessamment de le lire parce qu’elle l’avait vraiment aimé. Malgré ça, j’ai pris mon temps, et je l’ai lu quand j’en ai eu envie, c’est-à-dire hier. Finalement, elle avait raison : c’était un bon livre ! Et pourtant les thrillers, ce n’est pas mon truc : je n’en avais lu que deux de toute ma vie avant celui-ci. Si ce n’est toujours vraiment pas mon genre de prédilection, je ne dirais cependant pas non à en lire un ou deux de temps en temps après avoir découvert celui-ci.

Blog VH - Fille de BrooklynTitre : La fille de Brooklyn
Auteur : Guillaume Musso
Date de parution : 2016
Prix papier : 8,2 € (poche) à 22€
Prix Kindle : 13 €
Résumé : Je me souviens très bien de cet instant. Nous étions face à la mer. L’horizon scintillait. C’est là qu’Anna m’a demandé :
 » Si j’avais commis le pire, m’aimerais-tu malgré tout ?  »
Vous auriez répondu quoi, vous ?
Anna était la femme de ma vie. Nous devions nous marier dans trois semaines. Bien sûr que je l’aimerais quoi qu’elle ait pu faire.
Du moins, c’est ce que je croyais, mais elle a fouillé dans son sac d’une main fébrile, et m’a tendu une photo.
– C’est moi qui ai fait ça.
Abasourdi, j’ai contemplé son secret et j’ai su que nos vies venaient de basculer pour toujours.
Sous le choc, je me suis levé et je suis parti sans un mot.
Lorsque je suis revenu, il était trop tard : Anna avait disparu.
Et depuis, je la cherche.

Mon avis

Ce qui m’a d’abord attirée vers ce livre, c’est son résumé. En quelques mots, on est déjà « pris au jeu », happés par l’histoire, intrigués, on se demande ce qu’il y a sur cette fameuse photo. Dieu merci, ce n’est pas révélé trop tard dans le récit – le suspense m’aurait tuée à petit feu, j’aime pas le suspense !  Et après le suspense de savoir ce qu’il y a sur la photo, il y a le suspense de savoir pourquoi elle a fait « ça ».

Blog VH - suspense killing me

Bref, le résumé résume bien les premières pages, donc dès le premier chapitre du livre, on est assez facilement emportés dans ce thriller, qui n’est ni trop flippant (j’avais seulement à peine peur de cauchemarder après l’avoir lu un soir d’orage), ni trop long, mais bien construit.

La construction du récit est intelligente, les éléments du puzzle s’emboîtent bien, mais petit à petit. Moi, ce que je préfère, c’est que l’auteur laisse plein de petits indices sans queue ni tête tout du long et qu’à la fin, bam, la solution arrive, et qu’on s’écrie (se croyant illuminés d’un éclair de génie) : « Mais oui, biieen sûr ! Je le savais ! » (alors que non, vous ne saviez rien jusqu’à ce qu’on vous le révèle, petits menteurs, mais l’auteur vous embobine si bien que vous finissez par croire que vous aviez vous aussi réussi à résoudre l’énigme !).

Blog VH - impressive.gif

Ici, ce n’était pas le cas, mais ce n’est pas grave, car au moins, on n’est pas frustrés comme l’enquête évolue de page en page, sans se résoudre tout à fait avant la fin, entremêlant différentes intrigues, (laissant quelques points pas assez résolus,) apportant un dernier rebondissement, avant de se finir un peu platement à mon humble avis. Si vous avez lu ce livre, j’attends que vous me disiez ce que vous pensez de la fin…

Je sais que Guillaume Musso est un écrivain connu et reconnu, donc qui suis-je pour le critiquer ?… Allez, j’ose, et je commence par son écriture, qui m’a un peu dérangée. Déjà, je déteste ses fréquentes énumérations qui se composent d’une série de petites phrases nominales (sans verbe) à la suite. Ça va une fois, deux, trois à la limite, mais toutes les vingt pages ça devient irritant.  J’avais l’impression que sa plume était un peu sèche, clairement masculine, mais ne partait heureusement pas dans le superflu – sauf ses envolées culturelles. Je n’ai pas du tout apprécié qu’il nous balance sa culture ô combien étendue toutes les trois pages. Et vas-y que je te montre tous les auteurs et chanteurs que je connais, et tiens que je te cite plein de films connus, et splaf, je compare nos personnages à telS acteurS de telS filmS (genre « t’as vu tout ce que je connais« )… Moi, bien entendu, je n’avais entendu parler de rien de tout cela, ou presque. Je n’avais donc pas l’impression que Musso s’adressait à moi mais à un public bien plus cultivé, élitiste, et qu’il prenait un peu de haut nous pauvres lecteurs ignares. Enfin, c’était peut-être fait exprès ?

Blog VH - hautain

Après, je comprends qu’il puisse être un peu imbu de lui-même (je tire peut-être des conclusions hâtives, je ne le connais pas et n’ai lu qu’un de ses livres – mais bon, c’est l’auteur français le plus lu selon sa bio, ce n’est pas rien pour son ego), il a du talent. Il écrit bien, construit de bonnes histoires, c’est indéniable. Le fait que le protagoniste de La fille de Brooklyn, Raphaël, soit écrivain, nous donne aussi un bon aperçu des réflexions et du mental d’un écrivain. Je me suis demandé combien de ce qu’il écrivait reflétait sa propre expérience et son caractère…

Autre chose niveau écriture, comme c’est un thriller, on pourrait s’attendre à un livre où il n’y qu’un seul narrateur, le protagoniste, ici celui qui dit « je » dans le résumé. Mais non, ça alterne entre différents personnages plus ou moins aléatoirement (c’est-à-dire quand on a besoin de leur vue, quoi). Et heureusement, car ça apporte une épaisseur au livre. S’il fallait que tous les faits que reconstitue l’enquête soient rapportés un par un par dialogue au protagoniste, ça serait assez ennuyeux et plat, et on ne connaîtrait pas les émotions, les pensées, les véritables implications psychologiques des différents personnages. Ou encore, si le narrateur était omniscient, on aurait juste envie qu’il nous raconte ce qu’il s’est passé au lieu de nous laisser mijoter pendant plus de 400 pages. Là, au contraire, le choix de narration était très judicieux.

Blog VH - well done.gif

Blog VH - Fille de BrooklynPour finir, la couverture n’est pas trop mal visuellement, à part qu’elle reflète assez peu l’histoire, que je n’aime pas voir le nom de l’auteur en aussi gros (bien que je comprenne que c’est vendeur) et qu’il se confonde en plus avec le titre. Aussi, le livre est un sacré pavé, l’éditeur aurait quand même pu réduire la police d’écriture et les marges pour qu’on ait un plus petit livre et moins de papier gâché (#moinsdepapiermoinsdarbrescoupés #écolo)

Conclusion

Voilà voilà pour ce livre. Ma chronique force peut-être un peu sur le négatif par endroits, mais ce ne sont que des détails. Dans l’ensemble, c’est bien écrit, bien construit, agréable à lire, j’en retiens du positif. C’est un très bon thriller que je vous conseille. Je ne pensais pas qu’il était aussi accessible – Musso a beau être connu, c’est avant tout un auteur populaire, j’aurais dû le savoir.

La fille de Brooklyn a tout ce que nécessite un bon livre, il est maîtrisé et captivant. Ça se rapproche du vrai page-turner ! J’attends donc avec impatience de découvrir d’autres livres de Musso.

Publicités

6 réflexions sur “Livre : « La fille de Brooklyn »

  1. J’ai personnellement beaucoup de mal avec Musso ^^’ J’avais voulu en lire un pour ne pas critiquer sans savoir (parce que de base, un auteur qui produit autant, moi je me méfie), du coup j’avais tenté « Parce que je t’aime » et j’ai tout de suite été agacée au plus haut point de voir au tout début du livre un avertissement de Môssieur Musso du type « ne révélez pas la fin à vos amis, ça leur gâcherait toute l’histoire blabla » (prétentieux, un peu ? Si peu ?)… Du coup forcément j’avais des attentes folles pour la fin, et elle s’est avérée bien, bien nulle si tu me demandes mon avis. D’ailleurs, j’ai dû faire un tour sur son site pour retrouver le titre dudit bouquin, et je tombe sur une interview, sous la description du livre, je te remets l’extrait :

    Pourquoi demandez-vous à vos lecteurs, au début du livre, de ne pas en révéler le dénouement ?
    Les Américains parlent de pour qualifier ces films ou ces romans qui parviennent à créer une vraie surprise dans leur dénouement. En tant que lecteur et spectateur, j’ai toujours aimé les retournements de situation qui, à la fin d’une histoire, lui donnent une tout autre signification. Je me souviens encore, par exemple, de la surprise ressentie lorsque, enfant, j’arrivais à la fin de certains Agatha Christie (Les dix petits negres, le meurtre de Roger Ackroyd) ou en découvrant des films comme Psychose (la mère empaillée dans son fauteuil, c’était quand même sacrément bien trouvé à l’époque.), Citizen Kane (le fameux Rosebud du dernier plan) ou Les diaboliques. Clouzot avait d’ailleurs fait mentionner sur l’affiche du film : Plus récemment le réalisateur Night Shyamalan s’est fait une spécialité de ce type de retournement (le Sixième sens, Incassable) ainsi que David Fincher (Fight club, The Game) Pour les amateurs du genre, je conseille également Shutter Island, le roman très réussi de Dennis Lehane.

    (Du coup combo : je réponds pas trop à la question ET j’étale ma science haha. Vu ce que tu disais dans ta chronique, ça m’a fait sourire ;) )

    Aimé par 1 personne

    • Wahou, merci beaucoup pour ton long commentaire, il est très intéressant !! C’est vrai que les auteurs très connus ont tendance, je pense, à écrire des romans assez « liftés », assez lisses, un petit peu prévisibles dans leur schéma narratif, à l’écriture et aux idées relativement basiques – quoi que le tout soit très bien maîtrisé et fait pour plaire au plus grand nombre. Alors, forcément, je comprends que ce genre de trucs bateaux ne convienne pas à tout le monde, en particulier aux lecteurs aguerris !
      Et puis, concernant Musso, c’est vrai qu’il à tendance à être prétentieux et étaler son savoir, on est d’accord, donc ça ne donne pas toujours envie de vraiment découvrir ce qu’il écrit… ^^’
      Encore une fois merci de partager ton avis et de nous faire découvrir l’extrait qui est amusant tellement il correspond bien à nos avis sur Musso, haha !!
      Camille

      Aimé par 1 personne

  2. Ca fait bien longtemps que je n’ai pas lu un livre écrit par Guillaume Musso. J’ai une fois eu le malheur d’en lire plusieurs de suite, et ça m’a gâché mes lectures car j’ai alors constaté que l’auteur usait des mêmes techniques dans chaque histoire, que certains de ses personnages avaient les mêmes goûts… Une impression de répétition… Dommage. Je pense que je réessayerai un jour malgré tout. Mais cette fois, je ne ferai pas la même erreur et je n’en lirai qu’un !

    Aimé par 1 personne

    • Tiens, ça ne m’étonne pas du tout qu’il soit répétitif ! Ça me fait penser, un jour j’avais lu que la plupart des films hollywoodiens de science-fiction (il me semble) était tous créés exactement sur le même schéma narratif, à tel point que chaque élément (élément déclencheur, rebondissement, dénouement…) se déroulait presque tous exactement à la minute près ! Il faut croire que les succès de la littérature et du cinéma ne sont pas dus au hasard, mais j’avoue que ça donne vite l’impression de toujours retrouver plus ou moins les mêmes histoire… Je retiens ton conseil et attendrai un peu avant de relire cet auteur !
      Camille

      Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s