Série : « Las Chicas del Cable »

Article de Camille et Candice

Que Gran Hotel fasse attention, Las Chicas del Cable pourraient bien lui faire perdre son titre de « série préférée » à mon coeur ! Et ce n’est pas étonnant, car ces deux-là, ainsi que Velvet, sont des séries assez semblables, et pour cause : elle sont du même producteur espagnol et ça se retrouve dans les intrigues que j’aime beaucoup.

Pour moi la question ne se pose pas : Les demoiselles du téléphone n’est pas tout à fait au niveau, et je ne la verrais pas rivaliser avec d’autres séries espagnoles chères à mon coeur, comme Gran Hotel ou L’espionne de Tanger. Les 8 premiers épisodes de la saison 1 sont sortis au printemps sur Netflix, et on voit que la multinationale a souhaité imposer ses critères de production : le résultat est une série sympathique mais sans plus, à la réalisation académique et aux rebondissements attendus.

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Personnellement, Las Chicas del Cable a tout pour me plaire ! Dès les premières secondes du film, j’ai été happée ! Netflix, pitié, ne nous fais pas languir ! Les séries, moi je dis, il faut les sortir toutes d’un coup ou pas du tout ;P

J’avoue que j’étais toute contente lorsque les épisodes sont sortis sur Netflix, et le pitch donnait envie : une série d’époque (et les costumes qui vont avec !), avec des protagonistes féminins aux idées bien arrêtées sur fond de lutte des classes, le tout saupoudré d’une ou deux histoires d’amour bravant les interdits. Forcément, j’ai tout de suite signé et avalé les épisodes en moins de temps qu’il ne faut pour le dire…

Rien que l’affiche de la série et son trailer donnent déjà super envie. Étant une « grande » production, tout est pensé dans les détails. Même le générique, je l’aime tellement que je ne le saute jamais . Ah là là, cette série, qu’elle est bien ! *soupir*

Blog VH - las chicas cableDéjà, son cadre historique est prometteur. Je ne sais pas pour vous, mais moi je ne connais qu’assez peu l’histoire de l’Espagne, même récente. Alors, me plonger un petit peu dans la vie de l’époque m’a tout de suite attirée. Je connaissais un petit peu les droits des femmes en Espagne (qui sont plutôt en avance sur leur époque avant de s’amoindrir vers le milieu du siècle) alors ça m’ajoute un pincement au coeur d’imaginer nos protagonistes, quelques décennies plus tard, avec des droits encore plus restreints.

Bien que sur le papier, il soit déjà assez choquant de découvrir que les femmes ne pouvaient pas voter, divorcer, ou encore aller à la banque ou travailler sans l’accord de son mari, le voir dans un film, vécu par des personnages auxquels on s’attache nous fait encore plus prendre conscience de ce que subissaient les femmes autrefois – et subissent encore aujourd’hui dans certains pays, je le crains. Je trouve que la question du rôle de la femme dans la société de l’époque est plutôt bien traitée, sans empiéter sur le reste.

C’est vrai que cette série aux accents féministes, avec la diversité de ses personnages principaux, permet de mettre en lumière la diversité des problèmes auxquels les Espagnoles étaient confrontées à l’époque. Faire face à un mari rétrograde et brutal, se faire une place à Madrid quand on arrive de sa province innocente, être la première femme de sa famille à travailler… Ce sont autant de problématiques abordées de façon intéressante par Las Chicas del Cable.

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J’ai aussi beaucoup apprécié la voix-off qui fait des réflexions intelligentes et bien pensées, appuyée sur la vie des personnages, ça apporte un quelque chose en plus.

Pas d’accord du tout sur ce point ! La voix off est non seulement omniprésente mais aussi gnan-gnan à souhait, avec des réflexions pseudo-philosophiques qui tournent en rond, du genre « C’est là que je me suis aperçue que dans la vie, les amis, c’est ce qu’il y a de plus important ». Merci, Sherlock Holmes ! 

Autre petit côté insupportable de cette série : la musique ! Depuis les films de Baz Luhrmann ou le Marie-Antoinette de Sofia Coppola, la grande mode, c’est l’anachronisme musical… S’il peut être intéressant quand il s’agit d’un choix artistique assumé et pertinent, ici les musiques criardes et commerciales n’apportent rien, bien au contraire. On a l’impression que les producteurs ont juste eu la grosse flemme de chercher ce qui s’écoutait à Madrid pendant les années folles !

Pas faux… A côté de ça, il y a l’intrigue, assez semblable à Gran Hotel et Velvet comme je le disais plus tôt. Personnellement, j’aime bien, car je sais que les réalisateurs, habituellement, ne nous « maltraitent » pas, c’est-à-dire que l’histoire se déroule plus ou moins comme on le souhaite (malgré de malheureuses péripéties – sinon y aurait pas d’histoire ! Péripéties toutes plus invraisemblables les unes que les autres, si je peux me permettre). Et puis, ils ne tuent pas nos personnages chéris (*regard appuyé en direction de Downton Abbey*, hm hm) ! En revanche, certains types de personnages meurent assez facilement et un peu toujours de la même manière pas très naturelle. Après, on retrouve aussi une sorte de triangle amoureux (ne partez pas en poussant de hauts cris, vous SAVEZ que ça se finira bien, je vous le dis (enfin, habituellement… Je n’ai regardé qu’une des trois séries jusqu’au bout, en fait !)), et puis toujours un personnage fiancé contre son gré, un majordome un peu sec mais pas méchant au fond, un homme brutal qui cache les apparences, une mère de famille calculatrice, etc… Et puis aussi et surtout, on a quand même un grand recyclage des mêmes acteurs (Yon Gonzalez, Concha Velasco, et puis Amaia Salamanca et Marta Hazas dans les deux autres séries). Enfin bon, moi j’dis j’rien, je les aime bien les acteurs ! Et heureusement ! (Y a que celle de Velvet, Paula Echevarria, qui me fait grincer des dents)

Comme l’a bien résumé Camille, ces séries espagnoles sont des as du recyclage ! Et si ces répétitions lui plaisent (rappelez-vous, elle peut relire le même livre 15 fois sans se lasser et adore les spoilers et les happy ends), pour moi cela commence à faire beaucoup… Le contexte et les thèmes abordés sont donc pour moi intéressants, mais le traitement de l’intrigue laisse à désirer, en penchant un peu trop vers la bluette facile, voire vers la telenovela franchement lassante. À vous de faire votre choix !

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Vu que mes critiques en particulier sont trèèès longues – encore plus quand elles sont à quatre mains -, nous allons abréger notre chronique ici avant que je me mettre à réfléchir à tous les petits détails dont je pourrais vous parler.

Conclusion

Pour finir, tout simplement, nous vous conseillons cette série, en particulier si vous aimez les séries historiques espagnoles (oh, comme je ne regrette pas d’avoir étudié l’espagnol à l’école !!).

Et si vous l’avez vue, dites-nous ce que vous en avez pensé, nous adorerions savoir votre opinion !

 

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Série & film : « Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire » (« A Series of Unfortunate Events »)

Article de Camille

Je sais que Candice a lu Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelairquand elle était plus jeune, mais ce n’est pas mon cas. Je m’étais dit à l’époque que je les lirai quand je serai plus grande, et puis j’ai oublié, et je n’en ai plus eu l’occasion depuis. Alors, quand j’ai entendu parler de la série qui venait de sortir sur Netflix, je me suis dit que j’allais sauter sur l’occasion. Mais avant ça, je me suis dit que j’allais regarder le film – dont je n’avais jamais entendu parler – pour pouvoir comparer les deux.

Le film

Blog VH - count olaf

Blog VH - baudelairesJ’ai plutôt bien aimé le film. Il était plutôt original, avec le narrateur qui fait ses petits commentaires, je pense que c’était fidèle au livre. C’est amusant comme le film commence, avec un dessin animé joyeux, avant qu’on nous prévienne que si on veut voir un film joyeux, on est très mal tombé… Enfin bon, après cette ouverture inattendue, on peut voir les aventures des orphelins Baudelaire, qui sont pour le moins originales – toujours et encore – voire un peu tirées par les cheveux. (Petite parenthèse : d’ailleurs ça m’étonne qu’on appelle toujours Violet, Klaus & Sunny (Prunille en VF) « orphelins » quand on s’adresse à eux… Enfin, c’est dans le genre du livre/film, où l’auteur a voulu montrer l’idiotie des adultes – mission réussie.) Mais les effets spéciaux étaient très bien faits, et le film rendait bien dans l’ensemble, que ça soit le cadrage, la musique ou les acteurs qui jouaient bien et étaient plutôt « photogéniques »  devant la caméra ;)

La série

Blog VH - lemony snicket

Blog VH - series of unfortunate eventsJe suis assez impressionnée d’à quel point la série a copié fidèlement le film, tout en l’adaptant. Surtout pour les acteurs, c’est étonnant : Violet ressemble beaucoup à celle du film, la Juge est carrément la même actrice dans les deux, et le Comte Olaf – retouché par ordinateur je pense – ressemble aussi comme deux gouttes d’eau à celui d’origine. Les dialogues et la narration sont aussi quasiment identiques par moments : ils sont probablement très fidèles aux livres. D’ailleurs, ce qui change dans la série par rapport au film, c’est qu’ici on voit le narrateur, il est présent dans certaines scènes et y ajoute ses petits commentaires – encore une fois, c’est vraiment original et j’aime beaucoup, c’est un style particulier, cohérent dans la série. En parlant de cohérence, j’aime beaucoup le générique et le fait qu’il change tous les deux épisodes (2 épisodes = 1 livre = 1 aventure). Ce qui m’a légèrement déçue au début de la série, c’est que les décors font bien moins « réels » que le film, mais en fait, plus je regarde et plus je me rends compte que ça contribue à l’atmosphère spéciale de cet univers, ça montre le décalage par rapport à notre monde (le vrai, celui dans lequel on vit), le leur fait légèrement dessin animé/style néo-victorien-steampunk/années 80, je dirais. Bon, ok, pour être honnête, je n’ai aucune idée d’à quel genre ça peut bien appartenir ! En tout cas, j’en retiens du positif, j’aime ! Les acteurs, les décors, l’ambiance, le générique : tout est très bien ! Et il y a des petits détails par-ci par-là qui sont bien pensés, comme le fait que la série soit sortie un vendredi 13…

Ce n’est pas forcément une série à regarder d’un coup, je pense, on risque de se lasser, mais un petit épisode de temps à autre est fort sympathique :)

Je vous laisse avec les liens des livres / du film / de la série si ça vous intéresse. (Allez voir sur Wikipédia en anglais aussi, ils sont plus complets et vous apprendrez plein de détails cachés sur ces livres/film/série !)

Dites-moi ce que vous en pensez et si vous connaissez aussi Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire (ce titre est décidément très long !) – et si jamais, par ma faute, vous commencez cette série. Pourtant, vous êtes prévenus, « ♫ Look away, look away… ♪ Cette série va vous gâcher vos journées, vos soirées… ♬ Chaque épisode visionné vous fera déprimer ♩ », c’est pas moi qui le dis, c’est la série !

Série : « Gran Hotel »

Article de Candice

critique gran hotel

Cela faisait longtemps que j’avais en tête d’écrire un article sur cette série ! Découverte un peu par hasard en 2015, je pense lui devoir un certain nombre de bonnes notes en espagnol… Car c’est bien une série qui nous vient de l’autre côté des Pyrénées ! Son succès a été tel qu’elle est maintenant disponible en une multitude de langues, mais si vous comprenez le castillan, je ne peux que vous conseiller de la visionner en V.O., la langue est très facile à comprendre et vous vous éviterez les lèvres qui bougent en différé et les tons monocordes ou maniérés ;)

Le pitch de la série est simple : nous sommes en 1905 et le jeune Julio arrive dans un hôtel de luxe près de Santander pour découvrir ce qui est arrivé à sa petite soeur, femme de chambre dans ce Gran Hotel et qui n’a pas donné signe de vie depuis plusieurs mois. Dans le train qui l’emporte se trouve aussi Alicia Alarcón, benjamine de la famille propriétaire de l’hôtel. De retour chez elle après de grandes études (pour une femme de l’époque), elle se rendra vite compte que sa famille n’est pas tout à fait entrée dans le XXè siècle en ce qui concerne le traitement des femmes…

De fil en aiguille, de mystères en péripéties, nous suivons pendant trois saisons les heurs et malheurs de la famille Alarcón et des employés de l’hôtel. Surnommé le « Downton Abbey espagnol », Gran Hotel tire sur des ressorts plus classiques que la célèbre série britannique, le rapprochant parfois du genre du soap opera. Les personnages sont un peu stéréotypés, c’est sûr, un peu trop lisses même tant ils tendent à répéter les mêmes répliques et à avoir systématiquement les mêmes réactions. Après une saison entière où Teresa, la propriétaire, répète douze fois que « s’il y a une chose que je ne supporte pas, ce sont les mensonges » (hum hum, c’est l’hôpital qui se moque de la charité !), on a compris ! De même, on finit par se lasser un peu de la monotonie et du très lisse couple Julio-Alicia (rien qu’avec le synopsis de la série on comprend qu’ils vont finir ensemble, donc je réfute toute accusation de spoiler !).

Cependant, les épisodes ne traînent pas en longueur et l’intrigue progresse bien — quoiqu’au prix d’un nombre de rebondissements un peu trop important pour être honnête ! A la fois drame familial, série policière, comédie et romantique, on s’attache irrésistiblement aux personnages et des cliffhangers bien ficelés encouragent un binge-watching effrené (pour le plus grand malheur de notre productivité et le plus grand bonheur de notre aptitude à procrastiner pendant plusieurs semaines d’affilée…)

gran_hotel

Quant aux décors et costumes, spectaculaires, ils nous replongent au temps de la Belle-Époque, et c’est loin d’être désagréable… Chapeaux melons, ombrelles en dentelles, robes de mousseline et moustaches fantaisistes sont au rendez-vous ! La musique également est jolie (un peu mélodramatique diront certains) et accompagne aussi agréablement les moments les plus dramatiques que les plus romantiques !

En résumé, une belle série-feuilleton qui vaut le détour ; l’occasion de réviser son espagnol et de se remettre de la fin de Downton Abbey !

Série : « Agent Carter »

Article de Candice

Cela faisait un bon bout de temps que je n’avais pas écrit d’article, empêtrée dans mes études et croulant sous les devoirs. Mais les vacances sont passées, et je suis de retour en pleine forme (pour ton plus grand plaisir, Camille !). Voici donc une série dont j’ai découvert l’existence un peu par hasard, au détour d’Internet : une découverte qui ne m’a pas déçue !

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