Série livre : « Complots à Versailles »

Article de Camille

La série Complots à Versailles est définitivement une des séries livresques phares de mon enfance : ces livres ont longtemps été parmi mes préférés avant de se faire remplacer, récemment, tout doucement, par d’autres belles découvertes destinées à un public un peu plus âgé, avec des personnes et des intrigues plus complexes. Malgré cela, Complots à Versailles et ses personnages, Cécile, Pauline, Guillaume, Silvère, Élisabeth, Thomas, Mme de Payol… tous occupent une place spéciale dans mon cœur ♡

Blog VH - Complot à VersaillesAuteur : Annie Jay
Série : Complots à Versailles
Titres : Complot à Versaille ou À la cour du roi (autre édition) (T1) / La dame aux élixirs (T2) / L’aiguille empoisonnée (T3) / Le trésor des Rovigny (T4)
Dates de parution : de 1993 à 2017 (mais ça n’a pas pris une ride !)
Prix papier : 5,9 € en poche (3 premiers tomes) / 14,9 € en broché (tous les tomes)
Résumé T1 : 1676. Cécile ne cesse de critiquer les nobles. Mais le jour où elle est convoquée, avec son amie Pauline, à la cour du roi Louis XIV pour y être demoiselle de la reine, tout change. Ensemble, elles sont aux premières loges pour observer les intrigues et manœuvres de la cour. Gare aux tourbillons des complots qui pourraient les entraîner bien malgré elles !

Mon avis

Il a fallu attendre presque 25 ans d’attente entre le premier et dernier tome… C’est assez énorme ! Et c’est vrai que j’ai l’impression que l’auteure à évolué, elle aussi, car chaque livre a une « teinte », un ton et une intrigue qui, bien que semblables, montrent une évolution.

Je crois que le premier tome, Complot (sans s) à Versailles [ou À la cour du roi (suivant les éditions)], est le livre que j’ai lu le plus de fois dans ma vie, probablement une bonne dizaine de fois (quand ma mère et ma sœur vont lire ça, elle vont pousser de hauts cris – comme toute ma famille dès que je parle de relire un livre, allez savoir pourquoi, je ne vois pas le souci !). À une période, je le lisais de la même manière qu’on lit une poésie qu’on connaît par cœur, à moitié lisant, à moitié récitant de tête.

Dans ce premier livre, nous vivons une partie de l’enfance de Cécile, Pauline et Guillaume et les voyons grandir jusqu’à leur vie de courtisans à Versailles. J’aime beaucoup le fait que tous les personnages soient différents, jamais parfaits, et ne rentrent pas dans le moule de la société. Cécile a le cœur sur la main, mais a la critique des nobles facile, Pauline est très gentille et assez coquette, Guillaume est un peu timide mais courageux et un peu très (trop) protecteur.

Blog VH - Complots Versailles

Coffret complet de la série

Les intrigues sont bien construites, et sont parfois liées entre elles. Je regrette un peu que les coïncidences soient un peu trop poussées parfois, mais bon, ça permet de résoudre plusieurs enquêtes d’un coup ! Ce que j’aime dans ces intrigues, c’est que plusieurs éléments sont disséminés tout au long de l’histoire, mais ce n’est qu’à la fin que tous les éléments s’emboîtent !

En plus de ça, j’adore la manière dont l’auteure nous fait voyager dans le Paris du XVIIe siècle, à Versailles avec le Roi-Soleil… On découvre beaucoup de choses sur l’époque en quelques phrases, sans empiéter sur le récit, pour créer une solide base réelle à l’histoire. Entre la chasse aux sorcières, les coulisses de la vie de demoiselle d’honneur, la condition des pauvres ouvriers de Versailles, la boutique d’un parfumeur-gantier, les rivales de cour… Une bonne partie de ma connaissance de l’époque du Roi-Soleil, je la dois à Annie Jay !

Honnêtement, je ne vois pas quel point négatif à cette série… Peut-être les couvertures, car avec des éditions qui changent selon les « époques », mes couvertures ne sont pas assorties ni au même format (malheur pour un lecteur !). J’aime la couverture  du premier livre (Livre de Poche, voir en haut de l’article), et elle fait moins enfantin que la dernière édition sortie cette année (Hachette, milieu d’article) dont j’adore quand même les illustrations… Vous voyez juste au-dessus de ce paragraphe l’édition entre les deux (Livre de Poche), celle que j’apprécie le moins. Mais, après tout, peu importe l’extérieur si l’intérieur est un petit bijou ! ;)

Conclusion

Une de mes séries préférées de chez préférées de quand j’étais petite, une série quasiment parfaite ! Bien que ce livre ne s’adresse pas à mon lectorat habituel d’ados/ jeunes adultes, retenez-le bien, car si vous avez un cadeau à faire à une petite nièce, cousine ou autre… et bien, pourquoi pas une jolie petite série livresque historique ?! :D

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Film : « Le garçon au pyjama rayé »

Article de Camille

J’ai lu Le Garçon au pyjama rayé il y a quelques années, mais ce n’est, bizarrement, pas une lecture qui m’a marquée. Après avoir lu tant de livres de guerres, je crois que je me suis endurcie, même si je verse régulièrement ma petite larme devant tant de cruauté et de souffrances.

Blog VH - Le garçon au pyjama rayé

Quand j’ai vu le film sur Netflix, je me suis rappelée avoir lu le livre, et ai sauté de joie à l’idée de voir une adaptation cinématographique – une dont je n’avais aucune idée de son existence (comme d’habitude… -_-).

De mes souvenirs flous d’avoir visionné ce film il y a quelques petites semaines, je vais essayer de vous en faire une chronique…

Le film est plutôt bien fait, mais un peu longuet. Il ne se passe, dans le livre comme dans le film, pas grand-chose. Heureusement, ce film n’est pas raté grâce à ses acteurs qui supportent bien le film sur leurs épaules, c’est avant toutes choses grâce à eux que le film a un peu de substance.

Le père est positivement terrifiant, le garde absolument… je n’ai pas le mot (mais il me faisait grincer des dents en fronçant les sourcils !), la fillette était insupportable (tout comme elle l’est dans le livre), et le jeune héros, presque cruel par sa naïveté (ç’en est glaçant), mais très bien joué, de même que Shmul, le petit prisonnier juif.

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Malgré cela, je n’ai pas su m’attacher assez aux personnages pour que le « coup de grâce » me fasse un effet. (P.S.: Ne cherchez PAS à connaître le film avant de le voir, sa force réside dans la surprise qui doit toucher le spectateur. Moi, comme d’hab’, je connaissais la fin avant même le début (en même temps, j’avais lu le livre avant, ça sera mon excuse pour cette fois !)).

Conclusion

Un film que je ne vous conseille que si vous le croisez par hasard mais une adaptation cinématographique qui n’apporte que très peu au roman, donc un avis en mi-teinte.

Film : « La Mélodie du bonheur » (« The Sound of Music »)

Article de Camille

La Mélodie du bonheur, c’est un film musical très, très connu datant de 1965. Je l’avais découvert il y a quelques années lors d’un séjour en Angleterre et que j’avais gardé en tête pour l’avoir bien aimé. J’ai bien peur que ce souvenir ait fait que mon re-visionnage ne soit pas à la hauteur de mes espérances, je crains ne l’avoir pas autant apprécié, mais je dois reconnaître que c’est quand même un bon film : simplement, il est d’une autre époque.

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C’est l’histoire d’une jeune nonne qui n’est pas faite pour la vie au couvent, elle aime trop se balader dans la montagne et chanter. Alors, quand on lui conseille un poste de gouvernante, malgré son hésitation, elle y va et décide d’y mettre tout son cœur. Mais les sept petits chenapans chez qui elle atterrit, ainsi que leur père, un strict capitaine dans la Marine, la mettent à rude épreuve au début. Malgré cela, grâce à la musique et au chant, elle conquiert toute la petite famille.

Blog VH - sound of musicLa musique est donc la place centrale de ce film et je trouve qu’elle est réussie : entraînante, joyeuse, facile et qui reste en mémoire, chaque chanson correspond bien à l’esprit du film et les mélodies sont aussi reprises et adaptées en fond sonore. Vous connaissez peut-être même au moins une des chansons de ce film qui sont connues, telle que Do-Re-Mi. En plus de ça, au niveau visuel, j’ai bien apprécié les plans larges de la montagne, des beaux paysages, du petit village montagnard… bien qu’ils soient très longs ! Quelques secondes de chaque plan nous auraient aaaamplement suffi. J’imagine que de nos jours, on est trop habitués aux films d’action, ou du moins rapides, où plein de scènes s’enchaînent et il faut garder le rythme. Ici, ce n’est certainement pas le cas, le film est tout simple et ne va pas trop vite (du tout). J’ai aussi apprécié la belle bâtisse dans laquelle la famille vit, leur jardin, ainsi que les costumes autrichiens des acteurs.

Après, pour en revenir au fait que le film est longuet, il dure quand même quasiment trois heures, et pour être honnête, il ne se passe vraiment pas grand-chose. Au lieu de nous balancer de longs plans d’une scène immobile où il ne se passe rien, pourquoi ne pas avoir mis plus de péripéties ? Comme les tours que les enfants jouent à leur gouvernante, Maria ? Des scènes où celle-ci affronte le capitaine ? Tout ce genre de choses manquaient alors que le film aurait plus que largement eu le temps de les montrer.

Blog VH - julie andrewsSinon, je n’ai pas parlé des acteurs, et pourtant ils méritent que j’en parle car je les trouve assez talentueux ! Si je dois avouer que c’est par moments surjoué (j’ose m’imaginer que c’était la mode dans les années 60), en revanche leur voix sont vraiment jolies, ils chantent tous très bien, avec « honnêteté » : je pense que tous ont apprécié de chanter pour ce film. J’ai bien aimé le capitaine, mais je trouve que Julie Andrews en particulier a vraiment une jolie voix et manière de jouer.  Elle joue tout en restant elle-même, car je trouve qu’on la retrouve quasiment à l’identique dans Princesse malgré elle, tourné une quarantaine d’années après. Même position, même sourire, même voix… Je comprends pourquoi c’est une comédienne reconnue.

Enfin, j’ai trouvé intéressant qu’il y ait quelques petits éléments historiques/politiques dans l’histoire avec l’arrivée des nazis, l’enrôlement obligatoire et la manière dont les personnages doivent faire face à ça, enfants comme adultes. Encore une fois, ça aurait pu être (bien plus) approfondi, mais en tout cas, le peu qu’il y a suffit déjà à donner une (petite) profondeur à l’histoire.

Conclusion

Pour conclure, je sais que j’ai pas mal critiqué le film dans cette chronique mais pourtant je l’ai aimé. Il a beau être d’une autre époque, on peut encore tout à fait l’apprécier : il nous rappelle de prendre notre temps et d’apprécier chaque bon moment qu’on passe. Donc si on me proposait de le regarder dans quelques années, pourquoi pas ?

Série livre : « Ysée »

Article de Camille

Ysée, c’était une des trilogies préférées de mon enfance, et je la relis encore aujourd’hui avec grand plaisir, même si je connais l’histoire presque par cœur. C’est que je l’adore, tout comme ses personnages !

Blog VH - Ysée t1Série : Ysée
Titres : Le Reliquaire d’argent (T1) / Les Diamants bleus (T2) / Le Pas de la Dame Blanche (T3)
Auteur : Évelyne Brisou-Pellen
Date de parution : 2011/2012
Prix papier : 13,5 € à 14,9 €
Résumé T1 : À douze ans, Ysée ignore tout de ses origines, mais elle est heureuse chez sa nourrice, dont les cinq fils sont comme ses frères. Or, voilà qu’en cette année 1453, des religieuses qui ont autorité sur elle exigent qu’elle épouse le maire de Châtillon-sur-Seine, un homme de plus de quarante ans ! Comment se tirer de ce guêpier ? Peut-être en obtenant l’aide du duc de Bourgogne, Philippe le Bon… Hélas, l’affaire est beaucoup plus compliquée qu’elle ne l’imagine.

Mon avis

Déjà, ce que j’aime dans Ysée, c’est que tout est maîtrisé. Tous les éléments s’emboîtent les uns aux autres en toute logique, il n’y a pas d’incohérence : c’est un plaisir de suivre cette histoire, qui nous mène d’un petit village bourguignon à un repaire de bandits en passant par un couvent : avec Ysée, on n’a pas le temps de s’ennuyer !

Et ça, c’est grâce à notre jeune héroïne qui ne tient pas en place, qui a sa propre idée de la justice, de ce qui est bien et mal, et elle n’a pas la langue dans sa poche ; j’ai adoré qu’elle tienne tête aux plus puissants qu’elle. Si elle nous amuse, elle en énerve certains – en particulier les religieux – et on ne peut que se ranger de son côté. Ah, sauf bien sûr quand elle se dispute avec Joffrey le futur chevalier (« on ne se dispute pas », dirait-il, « un maître ne se dispute pas avec son valet car il est supérieur à lui ») (oui, je connais des bouts de dialogues par cœur), là on ne sait plus quel parti prendre car on les adore tous les deux autant ♡

J’ai adoré leur camaraderie tout du long ! Ysée, déguisée en garçon, devient lors du tome 2 ménestrel-palefrenier-valet de Joffrey de Sansay, et c’est un précieux compagnon – ou une précieuse compagne ? Je ne sais que dire, comme elle essaye de passer pour un garçon… Pourtant, l’auteure, elle, arrive parfaitement à nous faire suivre Ysée/Ysengrin au féminin/masculin suivant les points de vue !

Enfin bref, elle accompagne Joffrey dans ses périples, l’amuse, et lui enseigne ce qu’est le vrai monde, loin de celui éblouissant des nobles et des seigneurs. Elle lui enseigne comment survivre sur les routes, comment éviter les brigands, et comment penser aux plus pauvres avant de penser à soi-même – c’est intéressant de voir la vision qu’a un futur chevalier dont le rôle et de protéger les pauvres, les femmes et les orphelins sans les connaître, et comment sa vision évolue grâce à Ysée. J’ai beaucoup aimé Joffrey, un personnage très attachant et surtout avec un sens de la chevalerie et de l’honneur démesuré – en d’autres lieu et époque, on l’aurait appelé un gentleman (ou un knight in shining armour… :P)

Enfin bref, c’est un immense plaisir que de suivre nos deux personnages à travers leur épopée (mais je n’en dirai pas plus, je ne veux pas trop vous en révéler).

 

 

Juste un dernier petit mot à propos des jolies couvertures (il y en a 2 différentes pour le premier tome) qui, je trouve, correspondent parfaitement, de même que les titres…

Conclusion

Si je devais faire une liste de tous les points forts de la série (car elle n’a pour moi aucun point faible. Ah si, n’avoir que 3 tomes !), ce serait les personnages géniaux (l’inventivité et le dévouement d’Ysée, la bravoure de Joffrey ♡), les personnages secondaires qui ont aussi un vrai rôle et caractère, l’intrigue parfaitement construite et qui évolue bien, la manière dont l’auteure nous fait voyager au Moyen-Âge et à travers la France (enfin, ce n’était pas la France à proprement parler comme elle était découpée et partagée entre seigneurs, mais vous voyez l’idée…).

Bref, une série pour enfants et adolescents que je ne me lasse pas de relire malgré mon âge avancé (bon, d’accord, 18 ans !). Si vous découvrez cette histoire à mon âge ou après, elle n’aura sûrement plus le même attrait, mais en tout cas, c’est un excellent exemple de la qualité de la littérature jeunesse. Les moments forts et les mots si bien maîtrisés sauront faire sautiller votre cœur au rythme des aventures d’Ysée et Joffrey !

Film : « Bee Movie »

Article de Camille

Ce sera sûrement un des seuls films d’animation que je chroniquerai sur le blog, mais celui-ci était particulier, il m’avait marquée, donc je vais en faire une courte critique.

Bee movie

J’ai vu ce film d’animation pour la première fois quand j’avais 9 ans, et il m’avait marquée, car souvent, j’y repense, ou en tout cas je me remémore ce qui m’avait interpellée dans ce film : sans les abeilles, la nature telle qu’on la connaît ne serait pas là. Je me passerais bien des insectes en général, des mouches, moustiques, guêpes, et abeilles car je ne vois pas leur rôle direct dans ma vie (à part pour m’empoisonner la vie, entendons-nous). Mais leur rôle indirect est énorme, et on n’en a pas toujours conscience ! Et c’est ce film d’animation pour enfants qui m’a fait rendre compte du rôle que peuvent avoir ces petites bébêtes – enfin une maison d’animation qui ne prend pas les enfants pour des êtres sans cervelle que des histoires de bisounours peuvent contenter.

Blog VH - yes.gif

Je n’ai pas grand chose à dire sur le visuel ou la musique du dessin animé, je suis consciente qu’il s’adresse à un public plus jeune que moi et donc que je n’apprécie pas entièrement sa simplicité, son côté un peu caricatural ou le « physique » (lol) des personnages, mais j’ai trouvé intéressant qu’il puisse être compris de plusieurs manières, on l’interprète différemment selon notre âge et je trouve ça super sympa dans un film pour enfants. Quand les plus petits verront simplement les épopées d’une abeille, les enfants un peu plus grands comprendront le rôle de la nature dans notre vie, les ados se questionneront sur les questions d’éthique sur l’exploitation animale et la préservation de l’environnement, et certains verront peut-être même un message politico-économique caché, comme quand une des abeilles dit : « at least we have our honey back », j’ai bien cru entendre le célèbre « our money back ». Finalement est-ce que récupérer ce qu’on s’est fait « voler » est toujours la meilleure solution ? Enfin, là je vais peut-être un peu loin dans ma théorie ;)

Conclusion

Si le film en lui-même, je ne l’ai pas adoré (dû à mon âge), j’ai quand même apprécié le message et la réflexion qui m’ont marquée, et je conseillerais donc de le faire regarder aux enfants.

P.S.: Si ça vous intéresse de savoir ce qu’il se passerait si les abeilles disparaissaient, je vous conseille cet article de L’Express.

Livre : « La fille de Brooklyn »

Article de Camille

Ce livre m’attendait depuis des mois sur ma table de chevet, ma mère me répétant incessamment de le lire parce qu’elle l’avait vraiment aimé. Malgré ça, j’ai pris mon temps, et je l’ai lu quand j’en ai eu envie, c’est-à-dire hier. Finalement, elle avait raison : c’était un bon livre ! Et pourtant les thrillers, ce n’est pas mon truc : je n’en avais lu que deux de toute ma vie avant celui-ci. Si ce n’est toujours vraiment pas mon genre de prédilection, je ne dirais cependant pas non à en lire un ou deux de temps en temps après avoir découvert celui-ci.

Blog VH - Fille de BrooklynTitre : La fille de Brooklyn
Auteur : Guillaume Musso
Date de parution : 2016
Prix papier : 8,2 € (poche) à 22€
Prix Kindle : 13 €
Résumé : Je me souviens très bien de cet instant. Nous étions face à la mer. L’horizon scintillait. C’est là qu’Anna m’a demandé :
 » Si j’avais commis le pire, m’aimerais-tu malgré tout ?  »
Vous auriez répondu quoi, vous ?
Anna était la femme de ma vie. Nous devions nous marier dans trois semaines. Bien sûr que je l’aimerais quoi qu’elle ait pu faire.
Du moins, c’est ce que je croyais, mais elle a fouillé dans son sac d’une main fébrile, et m’a tendu une photo.
– C’est moi qui ai fait ça.
Abasourdi, j’ai contemplé son secret et j’ai su que nos vies venaient de basculer pour toujours.
Sous le choc, je me suis levé et je suis parti sans un mot.
Lorsque je suis revenu, il était trop tard : Anna avait disparu.
Et depuis, je la cherche.

Mon avis

Ce qui m’a d’abord attirée vers ce livre, c’est son résumé. En quelques mots, on est déjà « pris au jeu », happés par l’histoire, intrigués, on se demande ce qu’il y a sur cette fameuse photo. Dieu merci, ce n’est pas révélé trop tard dans le récit – le suspense m’aurait tuée à petit feu, j’aime pas le suspense !  Et après le suspense de savoir ce qu’il y a sur la photo, il y a le suspense de savoir pourquoi elle a fait « ça ».

Blog VH - suspense killing me

Bref, le résumé résume bien les premières pages, donc dès le premier chapitre du livre, on est assez facilement emportés dans ce thriller, qui n’est ni trop flippant (j’avais seulement à peine peur de cauchemarder après l’avoir lu un soir d’orage), ni trop long, mais bien construit.

La construction du récit est intelligente, les éléments du puzzle s’emboîtent bien, mais petit à petit. Moi, ce que je préfère, c’est que l’auteur laisse plein de petits indices sans queue ni tête tout du long et qu’à la fin, bam, la solution arrive, et qu’on s’écrie (se croyant illuminés d’un éclair de génie) : « Mais oui, biieen sûr ! Je le savais ! » (alors que non, vous ne saviez rien jusqu’à ce qu’on vous le révèle, petits menteurs, mais l’auteur vous embobine si bien que vous finissez par croire que vous aviez vous aussi réussi à résoudre l’énigme !).

Blog VH - impressive.gif

Ici, ce n’était pas le cas, mais ce n’est pas grave, car au moins, on n’est pas frustrés comme l’enquête évolue de page en page, sans se résoudre tout à fait avant la fin, entremêlant différentes intrigues, (laissant quelques points pas assez résolus,) apportant un dernier rebondissement, avant de se finir un peu platement à mon humble avis. Si vous avez lu ce livre, j’attends que vous me disiez ce que vous pensez de la fin…

Je sais que Guillaume Musso est un écrivain connu et reconnu, donc qui suis-je pour le critiquer ?… Allez, j’ose, et je commence par son écriture, qui m’a un peu dérangée. Déjà, je déteste ses fréquentes énumérations qui se composent d’une série de petites phrases nominales (sans verbe) à la suite. Ça va une fois, deux, trois à la limite, mais toutes les vingt pages ça devient irritant.  J’avais l’impression que sa plume était un peu sèche, clairement masculine, mais ne partait heureusement pas dans le superflu – sauf ses envolées culturelles. Je n’ai pas du tout apprécié qu’il nous balance sa culture ô combien étendue toutes les trois pages. Et vas-y que je te montre tous les auteurs et chanteurs que je connais, et tiens que je te cite plein de films connus, et splaf, je compare nos personnages à telS acteurS de telS filmS (genre « t’as vu tout ce que je connais« )… Moi, bien entendu, je n’avais entendu parler de rien de tout cela, ou presque. Je n’avais donc pas l’impression que Musso s’adressait à moi mais à un public bien plus cultivé, élitiste, et qu’il prenait un peu de haut nous pauvres lecteurs ignares. Enfin, c’était peut-être fait exprès ?

Blog VH - hautain

Après, je comprends qu’il puisse être un peu imbu de lui-même (je tire peut-être des conclusions hâtives, je ne le connais pas et n’ai lu qu’un de ses livres – mais bon, c’est l’auteur français le plus lu selon sa bio, ce n’est pas rien pour son ego), il a du talent. Il écrit bien, construit de bonnes histoires, c’est indéniable. Le fait que le protagoniste de La fille de Brooklyn, Raphaël, soit écrivain, nous donne aussi un bon aperçu des réflexions et du mental d’un écrivain. Je me suis demandé combien de ce qu’il écrivait reflétait sa propre expérience et son caractère…

Autre chose niveau écriture, comme c’est un thriller, on pourrait s’attendre à un livre où il n’y qu’un seul narrateur, le protagoniste, ici celui qui dit « je » dans le résumé. Mais non, ça alterne entre différents personnages plus ou moins aléatoirement (c’est-à-dire quand on a besoin de leur vue, quoi). Et heureusement, car ça apporte une épaisseur au livre. S’il fallait que tous les faits que reconstitue l’enquête soient rapportés un par un par dialogue au protagoniste, ça serait assez ennuyeux et plat, et on ne connaîtrait pas les émotions, les pensées, les véritables implications psychologiques des différents personnages. Ou encore, si le narrateur était omniscient, on aurait juste envie qu’il nous raconte ce qu’il s’est passé au lieu de nous laisser mijoter pendant plus de 400 pages. Là, au contraire, le choix de narration était très judicieux.

Blog VH - well done.gif

Blog VH - Fille de BrooklynPour finir, la couverture n’est pas trop mal visuellement, à part qu’elle reflète assez peu l’histoire, que je n’aime pas voir le nom de l’auteur en aussi gros (bien que je comprenne que c’est vendeur) et qu’il se confonde en plus avec le titre. Aussi, le livre est un sacré pavé, l’éditeur aurait quand même pu réduire la police d’écriture et les marges pour qu’on ait un plus petit livre et moins de papier gâché (#moinsdepapiermoinsdarbrescoupés #écolo)

Conclusion

Voilà voilà pour ce livre. Ma chronique force peut-être un peu sur le négatif par endroits, mais ce ne sont que des détails. Dans l’ensemble, c’est bien écrit, bien construit, agréable à lire, j’en retiens du positif. C’est un très bon thriller que je vous conseille. Je ne pensais pas qu’il était aussi accessible – Musso a beau être connu, c’est avant tout un auteur populaire, j’aurais dû le savoir.

La fille de Brooklyn a tout ce que nécessite un bon livre, il est maîtrisé et captivant. Ça se rapproche du vrai page-turner ! J’attends donc avec impatience de découvrir d’autres livres de Musso.

Livre : « Inséparables » (« One »)

Article de Camille 

Vous allez me dire que j’exagère. Après tous les éloges que j’ai entendus sur le nouveau livre en vers libres du moment, Inséparables, comment puis-je oser vous avouer que je ne l’ai pas trop aimé ?…

Blog VH - InséparablesTitre : Inséparables (fr) / One (VO)
Auteur : Sarah Crossan
Date de parution : 2016
Prix Kindle : 11 € (fr) / 5,8 € (VO)
Prix papier : 14,9 (fr) / 8,5 € (VO)
Résumé fr : Grace et Tippi. Tippi et Grace. Deux soeurs siamoises, deux ados inséparables, entrent au lycée pour la premiere fois. Comme toujours, elles se soutiennent face à l’intolérance, la peur, la pitié. Et, envers et contre tout, elles vivent ! Mais lorsque Grace tombe amoureuse, son monde vacille. Pourra-t-elle jamais avoir une vie qui n’appartienne qu’à elle ?
Résumé VO : Here we are. And we are living. Isn’t that amazing? How we manage to be at all.
Grace and Tippi don’t like being stared and sneered at, but they’re used to it. They’re conjoined twins – united in blood and bone.
What they want is to be looked at in turn, like the truly are two people. They want real friends. And what about love?
But a heart-wrenching decision lies ahead for Tippi and Grace. One that could change their lives more than they ever asked for…

Mon avis

Je ne pense pas que ça soit par déception ou parce que je m’attendais à un livre coup de cœur que j’ai été déçue, non, je crois que c’est juste que le livre ne m’a pas touchée.

Blog VH- Songe à la douceurMoi qui suis toute acquise à la cause des romans en vers libre depuis Songe à la douceur (livre dont je n’ai aimé que l’écriture), j’ai trouvé ici que ça n’apportait pas grand-chose. Ça servait peut-être à faire un véritable roman du « peu » de mots qu’il y avait, mais ça ne rythmait pas trop le récit, ça ne le rendait pas plus poétique, ça faisait juste une écriture bizarre – et je me demandais juste tout au long du livre pourquoi la mise en page était comme ça : un espace par-ci et un saut de ligne par-là.

Le résumé m’avait tout d’abord plus qu’intriguée, car je n’ai jamais, au grand jamais, lu des histoires qui évoquaient – ne serait-ce que de loin – des enfants siamois. J’étais assez fascinée, je me demandais ce que ça fait de partager un demi-corps, de vivre en permanence avec quelqu’un, de n’être pas vraiment une personne ni deux mais une fusion, comme deux esprits dans un corps.

J’ai été déçue de ne pas en découvrir plus sur cette connexion plus que spéciale qui relie les siamois. Mais, en fait, après avoir regardé un documentaire sur de jeunes sœurs siamoises de 16 ans qui ont un corps et deux têtes, j’ai compris que cette connexion était assez inexplicable, même pour elles, par exemple le fait de pouvoir marcher et applaudir alors que chacune ne contrôle qu’une moitié du corps… (Après recherche, j’ai vu qu’il existait actuellement des petites siamoises reliées par le crâne qui partagent leur connexions neuronales et peuvent par exemple voir par les yeux de leur soeur siamoise !!)

Mais, pour en retourner au roman, on pourrait argumenter que ce livre peut avoir pour but de nous faire passer outre le côté physique pour se concentrer sur le côté émotionnel et spirituel de cette relation si spéciale. Malgré cela, je n’ai pas ressenti un tel amour sororal entre Tippi et Grace, je m’attendais à plus. Au contraire, leur histoire m’a plutôt laissée de marbre. Est-ce parce que je l’ai lu en anglais, et qu’on ressent les émotions moins fort dans une langue qui n’est pas maternelle ? (hors-sujet : une étude a prouvé qu’on jurait et parlait de sentiments plus facilement dans une langue LV2 que notre langue maternelle, car on a moins de « barrières », c’est la résonance émotionnelle réduite !)  Je crois que si je tombe sur la traduction de ce livre (par Clémentine de Beauvais), je retenterai bien cette lecture…

Ce roman ne m’a pas touchée malgré sa fin émouvante – mon manque d’attachement aux personnages, en particulier à Tippi (mais aussi aux autres personnages qu’on connaît finalement assez superficiellement) a fait que cela m’était presque égal ce qui leur arrivait (alors que je pleure en lisant des livres, ce n’est pas rare).

J’ai aussi trouvé que ce livre manquait d’épaisseur, restait superficiel et n’entrait pas dans les détails, peut-être justement parce qu’il est écrit en vers libres.

Les chroniques positives (c’est-à-dire toutes les chroniques que j’ai lues…) emphatisent le fait que ce roman ne tombe pas dans le pathos et qu’il est optimiste – personnellement, je ne me serais jamais attendue à un livre qui raconte la « tristesse » d’être siamois, tout simplement car ce n’est pas une harmatia (tout du moins mentale – être siamois est souvent fatal) de mon point de vue !

Pour finir sur un point positif, je vous laisse admirer toutes les couvertures VO plus belles les unes et que les autres (j’ai la première – elle est magnifique, si ce n’est qu’elle n’est pas représentative, Tippi et Grace étant brunes !).

En conclusion

Une lecture pas mauvaise mais pas marquante non plus. Que mon avis ne vous détourne pas de ce livre qui en a charmé plus d’un, mais sachez que ce n’est pas forcément la bombe émotionnelle que tous nous vantent. En tous cas, j’attends avec curiosité votre avis si vous avez lu ce livre !